Défis et enjeux de la supervision et de l’accompagnement des enseignants stagiaires

  • Mardi 1 mai 2018 à
  • Université de Sherbrooke, Campus principal
  • en présentiel

Organisatrice/Organisateur

Description

Colloque professionnel.

L’enseignement est une occupation adressée à autrui en ce qu’elle porte sur un objet humain (Tardif, accepté) : l’élève, le stagiaire en enseignement, le jeune collègue qui entre dans la profession. Dans tous les cas, il s’agit de les aider dans leur développement par l’entremise d’interactions répétées, soutenues dans le temps et orientées par des intentions intersubjectivement partagées. Voilà pourquoi aussi, l’enseignement est souvent présenté comme un métier de relation d’aide. Loin de se limiter à des transactions d’ordre cognitif portant sur des contenus formels d’apprentissage, ces interactions supposent aussi et surtout l’établissement d’un rapport à l’autre engageant de ce fait toute la personne dans ce qu’elle a d’humain. Comment et où dans une perspective de professionnalisation apprend-t-on à « jouer de l’humain » pour aider autrui à grandir dans son humanité, ses compétences, son identité et trouver sa voie?

Depuis presqu’une trentaine d’années, la part conséquente de la formation dévolue au stage supervisé nourrit la croyance selon laquelle le développement des attributs jugés souhaitables pour devenir enseignant passe par des épisodes plus ou moins prolongés d’exercice du métier en contexte dit authentique. Ces épisodes sont organisés selon un principe d’alternance avec des activités de formation en contexte universitaire sur l’ensemble du parcours de formation. Le stage représente toutefois un territoire de tensions parfois vives où cohabitent des enjeux multiples, parfois contradictoires (Patroucheva, 2014) et donc difficilement conciliables. En conséquence, il n’y a pas de certitude quant à ses retombées. Il faut plutôt le concevoir comme une « situation potentielle » de développement (Mayen, 1999) par laquelle l’apprentissage du métier se fait en se confrontant à des problèmes signifiants sur le plan professionnel, en entretenant des relations avec des supérieurs hiérarchiques, des formateurs, des collègues stagiaires et des élèves; en s’observant; en analysant ce qui est fait et en constatant les effets engendrés par les actions menées (Glaymann, 2014). Des conditions favorables doivent être mises en place pour que le stage contribue positivement au développement professionnel du futur enseignant. Parmi celles-ci, on retrouve la qualité de l’accompagnement offert au stagiaire alors qu’il effectue ses premiers pas à l’école, cette fois comme enseignant. Cette condition représente indéniablement un facteur de première importance qui suppose la sélection de ressources motivées, désireuse de travailler à l’amélioration de la profession, bien formées et signifiantes à la fois pour le stagiaire, le programme de formation et le milieu de pratique.

Ce colloque reflète la conviction déjà formulée dans un avis du Comité d’agrément des programmes de formation à l’enseignement (CAPFE) (Garant et Desnoyers, 2014) à l’effet que le travail réalisé par les personnes enseignantes associées (PEA) et les personnes superviseures universitaires (PSU) doit être valorisé et qu’il importe d’offrir à ces professionnelles et professionnels dédiés à l’accompagnement de la relève enseignante une formation continue de qualité. C’est dans l’esprit de l’avis du CAPFE que des ressources provenant de l’Université de Sherbrooke, mais aussi d’autres universités québécoises ont généreusement accepté de venir présenter de petits morceaux choisis de leurs recherches traduits dans un format accessible et concret. Ces présentations feront ensuite l’objet d’échanges éclairés par l’interaction entre les personnes présentatrices et l’auditoire de même que par l’apport de personnes chargées d’animer les discussions.